Identify, entre Terminator et Predator...

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"Des robots  aussi réalites que Chappie, un univers fantastique digne de Pacific Rim" voilà la phrase accroche de ce DVD même si je vous avoue que c'est plus le côté robots dotés d'intelligence articificielle qui m'a attiré. Et bien derrière son style série B, je ne me suis guère ennuyé.

Un commando d'élite est ennuyé sur une île pour un enième exercice de combat. Accompagné de Mills, une humanoïde, ils vont se retrouver confrontés à une défense à laquelle ils ne s'attendait pas face à une armée de machines capables d'évoluer en fonction de ce qu'ils apprennent.

On a beau avoir écrit que les 3 lois de la robotique avaient pour objectif de protéger les humains, il n'en reste pas moins que de nombreux films traitent la cause inverse. Il y a quelques jours, je voyais Ex Machina, dont le sujet est en partie similaire mais amené de manière plus réfléchie. En me lançant devant Identify, je m'attendais à une de ces espèces de série B un peu trop porté sur l'action et les effets spéciaux avec, comme c'est souvent le cas, un gros défaut de rythme qui perturbe, agace et plombe complètement le film.

Ici, ce problème semble plutôt bien maîtrisé. Le réalisateur a bien appris ses leçons, et notamment celles de John McTiernan puisque le film rappelle indéniablement le premier Predator de 1987. On se retrouve donc avec une équipe similaire plongé en territoire inconnu et avec la désagréable sensation permanente que quelque chose les suit inexorablement. Ici c'est globalement la même idée.

Bien évidemment, leur humanoïde, une jeune femme dôté connectée en permanence au réseau de données et capable de se connecter aux objets connectés dont les armes, n'est pas là pour les évaluer comme elle le prétend. Elle est en fait en charge de comprendre comment une intelligence artificielle qu'elle a elle-même créé a pu se reprogrammer en si peu de temps et échapper à tout contrôle. Et lorsqu'elle se retrouve elle-même rejetée du cerveau des machines, elle n'a d'autre choix que de les combattre.

L'idée de ce film est de montrer le côté évolutif de l'intelligence artificielle. Celle-ci passe par la copie des tactiques militaires du commando. Si ce dernier avait pu surprendre les machines lors d'une première opération, ils se retrouvent pris au piège dans la même situation le lendemain. Et leur moyen de défense sera ensuite réutilisé lors d'un autre combat. Mais il y a aussi l'idée que si intelligence il y a, alors son premier moyen de défense est de couper toute possibilité de connexion entre elle et l'humain. On comprend cela lorsque Mills tente de désactiver les ordres principaux et que le robot lui indique que c'est une erreur humaine. Bien évidemment, on termine par le moyen de survie de l'intelligence artificielle qui n'a d'autre choix que de se copier dans un nouveau support...

Côté mise en scène, c'est une assez bonne surprise et c'est sans doute ce qui fait aussi la réussite de ce film. Nous ne sommes pas dans les clichés typiques des supersoldats chargés de testostérones. Au contraire, le commando présenté ici est tout ce qu'il y a de plus humain. Le Sergent responsable de la mission joue tout en retenue, loin des gros bras habituels. Idem pour ses compagnons, nous avons ENFIN droit à une femme soldat crédible et non fichée comme un garçon manqué. Le seul capable de réelles prouesses est un tireur dôtés de technologies qui lui permettent de viser à couvert. Pas de blague potache non plus toutes les deux minutes pour faire retomber la tension, ici elle ne retombe qu'au coin du feu, ce qui n'a lieu qu'une ou deux fois. Je vous conseille évidemment de le voir en version originale.

Au final, Identify est un film à petit budget, réalisé avec une petites équipes mais dôté d'un talent remarquable. Le réalisateur et son équipe travaillent habituellement pour la télévision et ont ici mis toute leurs compétences pour réussi leurs ambitions. Sans être un régal, c'est loin d'être un mauvais moment.

Classé dans : Cinéma Mots clés : SF, action, réalité augmentée, robot, cyborg, intelligence artificielle, Steven Gomez, Vanessa Kirby, David Ajala, Mike Noble, cinéma anglais