Power Rangers, Go ! Go ! Power Rangers !!!

-

Power Rangers et moi c'est une longue histoire. Mais s'il y a bien une nouvelle adaptation dont je ne m'attendais pas à voir le jour, c'est bien celle de ce sentai qui me paraissait totalement oublié du public aujourd'hui. Oublié alors que ça reste l'une des franchises les plus prolifiques du genre. Pas fan à l'idée, je me suis quand même penché sur ce film...

Après avoir découverts une poignée de médaillons coincés dans la roche, cinq jeunes adolescents apprennent qu'ils sont voués à sauver le monde d'une cruelle sorcière millénaire. Ils sont désormais les Power Rangers, mais ils doivent encore maîtriser leur pouvoir avant de pouvoir réellement affronter Rita et son terrible Goldar.

"Go ! Go ! Power Rangers !" Ah qu'elle résonne encore en moi cette musique d'autrefois. C'était il y a à peu près 15 ans, je devais moi-même en avoir 8 et déjà à cette époque j'étais un grand fan de ces "super sentai" venus du Japon : Bioman, Maskan, Liveman, Spielvan, Giraya, Jetman, Shreider, Winspector et j'en passe. Et puis vers 1993, voilà que l'on voit débarquer une version purement américain répondant au nom de Power Rangers (Mighty Morphin Power Rangers). On y découvrait une groupe de lycéens recrutés par un ancien combattant du nom de Zordon pour affronter la cruelle Rita et ses sbires, libérés de leur prison et basés sur la lune.

Chaque épisode était monté sur le même modèle que les "sentai", à savoir "Je suis le méchant et je veux tuer les gentils". Globalement : Rita décide d'un nouveau sort pour conquérir le monde, les Power Rangers sont prévenus par Zord, ils se rendent sur place pour affronter de premiers soldats puis se transforment pour combattre la créature démoniaque. Voyant qu'ils prennent le dessus, Rita transforme sa créature en monstre géant, obligeant les Power Rangers à faire appel à leur robot symbolique associée : les Zords, qu'ils vont rapidement fusionner pour former le Megazord, un robot géant et ainsi sauverle monde.

Alors à l'époque déjà, ça ne volait pas très haut, surtout quand on revoit les épisodes aujourd'hui, on se demande bien parfois comment on pouvait être autant accroc (la jeunesse !). Pourtant, je me souviens qu'on était nombreux à vouloir la collection complète de jouets, des robots et des costumes, "Force Rouge" en tête bien évidemment ! (Je me souviens que j'avais eu le pistolet je crois). Les épisodes étaient un soap sans réel fil rouge, ou bien beaucoup trop distillé pour en parler dans les cours d'école (on imitait mais on ne se disait pas que Rita avait bien failli réussir son coup cette fois-ci.) Et puis vint le Power Ranger vert, un véritable événement faisant passer l'équipe au nombre de 6 pour la première fois. Et je ne vous explique pas lorsqu'il est devenu blanc, c'était une révolution ! (sauf que le nouveau Megazord était pourri...) Bref, fort de ce succès auprès des jeunes sur le petit écran, voilà qu'une adaptation avec les acteurs de la série s'est faite sur le grand écran. Une séance ciné qui devait révéler de nouveaux costumes et pouvoirs ainsi qu'un nouveau méchant mais qui au final nous a laissé dubitatif sans pour autant avoir mal marcher il me semble (d'ailleurs j'ai toujours le coffret VHS collector avec son 2e boîtier censé accueillir 3 figurines... qui ont du se perdre au milieu des jouets...)

Pour terminer, sachez qu'un 2e film a vu le jour aux Etats-Unis mais seulement en vidéo en France et que la série a évolué et connu pas moins de 25 nouvelles versions différentes jusqu'à aujourd'hui avec Power Ranger Super Ninja Steel prévu pour 2018, soit une franchise de 25 ans en 2018 !) Ce nouveau film sorti en 2017 est donc un véritable revival pour les gens de ma génération qui sont passés à autre chose au fil des années, aussi il s'agit du 2e film Power Rangers à voir le jour sur les écrans français. Un véritable revival donc qui permet aux producteurs de rappeler que cette série de super justiciers existe toujours et compte bien perdurer face à la domination grandissante de Marvel.

Maintenant que les choses sont posées, revenons à notre sujet. Au début j'étais plus que sceptique. A la vue des premières images, les costumes me paraissaient beaucoup trop chargés, le style beaucoup trop metallique et clinquant pour répondre aux critères d'aujourd'hui et les acteurs pas assez crédibles (ce qui est étonnant de ma part quand on voit le style des acteurs originaux de l'époque.) Et puis, ça faisait un peu kitsch de revenir sur cette franchise.

Et puis le début du film m'a surpris : le Ranger Rouge se traînant au sol à la suite d'un combat, je me suis dit qu'on allait partir sur un schéma classique de flashback pour expliquer la situation et qui reprendrait le fil des choses dans les 10 dernières minutes où les héros trouveront la force de se relever et de terrasser les forces du Mal. Et bien non ! Surprise, voilà la Ranger Jaune qui se dévoile et qui n'est.... absolument pas celle que l'on attendait ! Le film a donc pris le parti de débuter avant ce que nous connaissions pour tenter de réexpliquer l'histoire originale et le combat face à Rita, qui s'avère, ô surprise 2, la Power Ranger Verte ! De quoi rebooter tout ce que nous connaissions (ou croyions connaître).

Et là, c'est le drame. L'action vient à nos jours avec un des fondus les plus débiles que j'ai jamais vu (on devrait faire un top 10 des fondus les plus ignobles dans les films) pour enchaîner sur.... une blague zoophile dans un vestiaire de foot.

Deux garçons tentant d'attacher une vache dans un vestiaire.
- Elle a l'air énervée.
- Pas normal, je viens de la traire.
- "Le" traire. Tu viens de le traire.
- Un mâle ?
- Tu as trouvé un pis ? C'était pas un pis.
- C'était énorme, j'ai dû y aller à deux mains. (mimant le geste)

Expliquez-moi comment on peut considérer qu'une blague de ce genre soit de bon goût dès le début d'un film comme celui-là qui s'adresse, certes aux trentenaires, mais surtout à toute une population de 8-12 ans ?!!! A quel moment les scénaristes se sont dit que ça pouvait être une bonne idée d'écrire ça ? Le destin de l'univers va arriver entre les mains de l'un de ces deux gars... ça fait peur !

D'ailleurs, un autre élément qui m'a titillé, c'est le background des personnages. Alors ok, en 1993, c'était beaucoup trop clean : on avait une équipe réunissant des gens altruistes et intelligents, les adolescents idéaux et sans problèmes, souvent aux prises avec les 2 caïds du lycée (Bulk et Skul) face auxquels ils défendent leurs autres camarades. Dans cette nouvelle mouture de 2017, fini les enfants parfaits, l'un est placé sous contrôle judiciaire, l'autre s'amuse à faire exploser tout ce qu'il peut, le troisième fuit l'école pour fuir ses problèmes, la quatrième est une associale et la dernière a pété une dent à son copain qui l'a trompait (si j'ai bien compris son histoire de photo). De fait, plutôt que le gymnase ou la cafétéria, c'est dans la salle des heures de colle que l'équipe se retrouve le plus souvent. Donc pour avoir le plus de chance d'être un super justicier en 2017, il faut être marginal, bravo.

Viennent ensuite la découverte des médaillons de transformation, de leurs pouvoirs surhumains et du vaisseau de Zord et son accolyte qui feront basuler le film dans sa 2e partie : celle de l'entraînenement face aux hologrammes et tentatives de transformation tantdis que Rita reprend peu à peu ses pouvoirs. Une phase longue et qui aurait pu être davantage mise en valeur compte tenu de leur manque d'unité. C'est là que le message le plus important du film passe : être un Power Ranger, ça se mérite ! Et que se serait-il passé si Triny avait continué à rejeter le groupe ? Si Zack avait voulu prendre le rôle de meneur de Jason ? Si Kimberley était vraiment passé à l'acte pour une raison idiote ? Cela aurait sans doute permis de réduire un peu la taille des ficelles pour améliorer le matériau. Ou bien fallait-il à l'inverse arrêter de vouloir tout justifier et rester dans la folie simpliste du matériau d'origine. Enfin, la fameuse scène de bataille en armure, d'abord, comme il se doit, dans un environnement extérieur loin de la ville face aux petits soldats de pierre. Puis en plein centre-ville avec les Zords face à un Goldar déjà géant.

C'est sans doute là que les choses tombent à plat. Déjà, les Rangers n'ont quasiment aucune arme, hormis la lame de Jason qui débarque comme une extension de son bras, je n'ai vu aucun pistolet laser ni aucune autre arme chez ses compagnons. Exit donc le canon surpuissant correspondant à l'assemblage de leur arme (raison pour laquelle on voulait toutes les figurines à l'époque : la possibilité d'assembler épée, hache et autre dague pour créer l'arme ultime). Et puis ce Megazord qui débarque d'on ne sait où au point que l'on se demande s'il n'est pas l'oeuvre de la fusion des Zords tombés dans la lave (genre tu jettes 5 canettes de soda dans un volcan, il en sort Excalibur comme ça sans rien faire). Et voilà que nos héros doivent se synchroniser pour faire bouger leur Megazord (c'est vrai qu'on se demandait toujours comment ils faisaient). Evidemment on sent très fortement les influences de Transformers et Marvel cités à plusieurs reprises (le Ranger qui utilise son Zord pour jeter une Camaro jaune sur les soldats en répétant "Désolé Bumblebee" n'est pas anodin du tout).

Bon, que les choses soient claires, face à un tel film, je ne cherchait pas une crédibilité parfaite, mais j'aurais aimé un film qui ait un peu plus la tendance d'un fan film à l'image d'un Star Wars 7 pour le coup. Les anciens acteurs auraient très bien pu faire une apparition, de même que les combats qui manquent de saveur et passent du "incapable de quoi que ce soit" à "capable de tout" sans demi-mesure. Je ne dis pas que je ne suis pas retombé dans mon enfance l'espace de quelques instants mais j'aurais aimé être davantage saisi par ces instants. Dommage, vraiment dommage. Mais je reconnais tout de même que bon, pour se détendre en soirée et éventuellement s'éclater à se remémorer des souvenirs entre potes, le film peut être moteur. Mais s'il renvoie aisément ma génération dans le passé, il ne fait rien pour lui permettre de revenir dans le présent et de le conquérir.

Au final, Power Rangers est un film que l'on aurait aimé moins grotesque.

Classé dans : Cinéma Mots clés : action, fantastique, SF, sentai, série TV, super-héros, dinosaures; Dean Israelite, Dacre Montgomery, Naomi Scott, RJ Cyler, Ludin Lin, Becky G., cinéma américain, cinéma hongkongais, cinéma japonais, cinéma mexicain, cinéma canadien, cinéma néo-zélandais